Essayons de voir les choses avec philosophie
Roberval, le 5 novembre 2004 – Le matin du 3 novembre dernier, comme tout le monde, je me suis levé avec un espoir. Faible, il va sans dire, mais tout de même réel. Il faut dire que j’avais regardé les résultats entrants du scrutin présidentiel américain la veille (je me suis couché très tard, si vous voulez savoir) et que je savais que la partie était loin d’être gagnée pour les démocrates. Même que, je commençais à croire que ça allait de mal en pis pour John Kerry et son équipe, mais j’espérais tout de même. Cependant, lorsque je suis monté au salon et que j’ai allumé la télévision, le soupçon d’espérance qui me restait s’est pratiquement évanoui d’un coup. La présentatrice du réseau CNN annonçait que Kerry se préparait à céder la victoire à George W. Bush dans un discours officiel qu’il allait prononcer dans les minutes suivantes. En entendant ces paroles, mon visage s’est assombri et j’ai commencé à me dire que c’était beaucoup trop tôt, qu’il restait des bulletins provisoires à compter en Ohio, que les votes n’étaient pas complètement comptés au Nouveau-Mexique et en Iowa, etc. Bref, je ne comprenais pas la décision de Kerry. Mais malgré cela, j’ai effectivement entendu sa voix qui prononçait un discours de concession quelques minutes plus tard. Ce fut un discours vibrant, d’une grande élégance, dans lequel Kerry appelait à l’unité du pays, à panser les blessures profondes qui divisent l’Amérique et, bref, à rebâtir le pays et le parti démocrate. Puis, j’ai vu le vote populaire. 3.5 millions de votes de majorité allaient à Bush. Ce qui veut dire que plus d’Américains ont voté pour Bush que pour Kerry. Même s’il l’aurait voulu, Kerry n’avait pas la légitimité de demander un recomptage en Ohio ou un simple comptage des bulletins provisioires… et de toute façon, les 150 000 bulletins provisoires qui restaient à compter n’allaient pas renverser les 136 000 voix de majorité de Bush dans cet État. Bush avait clairement gagné cette fois, et il semblait l’avoir fait légitimement. Au moins, me dis-je en me consolant, on ne connaîtra pas de saga judiciaire comme en l’an 2000…
Une division et une polarisation sans pareil
Divisé, ce pays l’est vraiment. L’été dernier, lors d’un voyage dans 5 des 6 États de la Nouvelle-Angleterre, qui est avidement pro-Kerry, j’ai pu aisément m’en rendre compte. Partout, en nombre hallucinant sur les poteaux de téléphone, les babillards, les cabines téléphoniques, et surtout sur les pare-chocs arrière des voitures figuraient des autocollants politiques pro-Kerry, pro-Parti démocrate, pro-Dean même; et il y en avait aussi qui arboraient des messages anti-guerre, anti-Bush, et j’en ai même vu un qui disait « The French were Right! » à propos de la guerre en Irak. J’en ai tout de même vu quelques-uns arborant le message « Bush/Cheney 2004 » mais ils étaient extrêmement rares. Cependant, je présume que, dans les États du Sud et du Midwest, ce doit être exactement le contraire.
Par contre, au delà des affiliations politiques, il y les affiliations idéologiques, et là aussi les Américains sont divisés. D’un côté, il y a les « liberals », ces progressistes de centre-gauche ou de gauche qui, en général, appuient les réformes sociales ainsi que la discrimination positive, qui rejettent la guerre en Irak, qui sont pour la plupart pro-choix en matière d’avortement, qui respectent les homosexuels et appuient leur droit au mariage et qui semblent plus ouverts sur le monde. Ce sont des chrétiens laïcs ou athées pour la plupart et ce sont ceux qui, en général, supportent le Protocole de Kyoto et autres mesures environnementales. Ceux-là ont voté massivement contre Bush, et dans le cas de certains d’entre eux, pour Kerry. De l’autre, il y a les « conservatives », plus à droite ou au centre-droite qui supportent davantage la privatisation du système de santé, de la « social security » ainsi que de nombreuses autres institutions. Ils tournent le dos aux programmes sociaux, et à la discrimination positive qui selon eux coûtent cher à l’État ainsi qu’à l’entreprise privée; et leur préfèrent les actions des organismes de charité. Friands des baisses d’impôt, ils sont en général pro-vie, supportent farouchement le « Second Amendment », (droit constitutionnel de posséder et de porter sur soi des armes à feu) croient que l’homosexualité est un péché ou une maladie, c’est selon; et appuient généralement la guerre en Irak, rejettent le Protocole de Kyoto, qu’ils estiment destiné à punir les États-Unis d’être trop riches. Ils sont souvent très religieux, évangélistes et pro-Israël (souvent plus que les Juifs américains eux-mêmes). Ceux-là ont voté massivement pour Bush. Mais entre les deux, il y a les « moderates », ceux qu’on ne peut pas vraiment classer dans une catégorie ou dans l’autre, idéologiquement parlant. Ils sont pour la plupart centristes, avec une tendance vers la droite ou la gauche, ça dépend. Ce sont eux dont les deux partis politiques majeurs s’arrachent le support aux États-Unis, élection après élection. Ce sont eux qui forment la plus grande partie de la population des « swing states », ces États déchirés entre les démocrates et les républicains qui, à chaque élection peuvent virer du rouge au bleu, puis du bleu au rouge, et ainsi de suite. Ces électeurs peuvent changer de parti à chaque élection, selon le candidat à la présidence qui les représente le mieux. Et ce sont eux qui, cette année, ont fait gagner George W. Bush par une bonne marge de 3.5 millions de voix de majorité au scrutin populaire. Il faut cependant souligner que même si les trois groupes (« liberals », « conservatives » et « moderates ») sont répartis à peu près également dans la population américaine, la base conservatrice républicaine semble s’être élargie sous le règne de Bush.
Pourquoi George W. Bush a-t-il gagné?
Évidemment, pour la majorité des Québécois, cette question reste sans réponse, et je suis très inquiet de la perception qu’auront les Québécois de leurs voisins du Sud dans les mois et années à venir. À preuve, je me suis commandé deux autocollants anti-Bush que je vais apposer sur ma voiture pour calmer les esprits parce que j’ai très peur de me faire arracher l’autocollant drapeau américain (ou de me faire vandaliser ma voiture) apposé sur ma lunette arrière dont la simple vue semble faire enrager bien des cégepiens puisqu’on a tenté de me l’enlever à plusieurs reprises. Lorsqu’on en est rendu à détester un pays et un peuple au grand complet à cause des agissements de son gouvernement au point de ne plus supporter la vue de son drapeau sur la voiture d’un autre, je crois qu’on a un problème sérieux d’intolérance et de pensée aveugle. Parlons-en de cette pensée aveugle. Je vous dis que je n’ai pas eu à attendre longtemps pour voir ce que j’appelle « le fiel de l’anti-américanisme primaire et sans fondement » se manifester après la réélection de Bush. Par exemple, ce commentaire d’un certain M. Caron de Boucherville que je lisais dans La Presse d’aujourd’hui, qui affirmait que puisque « […] les Américains ont voté, dans une majorité claire, pour ce président sachant ce qu’il a accompli […] » alors « […] Conséquemment, nous avons le droit de considérer la majorité des Américains comme étant arriérés et ignorants. » Rien n’est plus faux. Si nous commençons à juger des capacités des autres négativement simplement à partir du fait qu’ils ne pensent pas comme nous, on entretient une vision très manichéenne du monde. Dans la vie, tout est relatif. Ce que certains considèrent comme juste et bon peut être intrinsèquement détesté par d’autres. Il s’agit de vouloir comprendre pourquoi Bush a été réélu et de se pencher sur la question pour y voir un peu plus clair. Pensez-vous réellement que 51% des 120 millions d’Américains qui ont voté ont choisi George W. Bush strictement parce qu’ils appuyaient ses politiques et sa « moralité »? Absolument pas! Il n’y a qu’environ 15 à 20% de la population qui se reconnaît dans les agissements du président actuel, et elle est presque toute concentrée dans les États du Sud et du Midwest qui ne sont pas assez populeux à eux seuls pour le faire gagner. Ce n’est pas non plus la guerre en Irak, car celle-ci lui a plus nui qu’autre chose, car la majorité des Américains sont maintenant contre. Non. Ce qui a fait gagner Bush, c’est que les Américains ont peur. Peur du terrorisme, peur d’Oussama Ben Laden, peur de l’Iran, peur de l’Irak, name it, mais ils sont complètement effrayés. Et c’est principalement pour trois raisons bien précises que Bush a été réélu :
1. La guerre au terrorisme et la protection du pays constituent l’enjeu principal de cette élection.
2. John Kerry est vu comme un candidat « flip-flopper » (une girouette indécise), notamment à cause de son ambiguité quant à ses positions sur plusieurs dossiers comme la guerre en Irak ou le Patriot Act; et son plan contre le terrorisme n’est pas assez clair.
3. Bush est vu comme le président le mieux capable de combattre le terrorisme parce que c’est lui qui a ordonné la guerre en Afghanistan puis en Irak suite aux attentats du 11 septembre 2001. Il apparaît donc aux yeux du peuple américain comme une personne qui agit décisivement pour protéger le pays. Les gens ont voté pour lui parce qu’il semble savoir où il s’en va contrairement à Kerry qui semble tergiverser.
Certains m’objecteront que les Américains ont été stupides de voter Bush parce qu’il a affaibli l’économie du pays, qu’il a été le seul président en 72 ans sous lequel les États-Unis ont subi une perte nette d’emplois, qu’il ne fait rien pour stopper le transfert des emplois de manufacture dans les pays émergents d’Asie, (ce qu’on appelle « outsourcing » du côté Sud de la frontière) qu’il n’a rien fait pour renouveler l’assurance-médicaments des personnes âgées et qu’il a transformé un important surplus budgétaire (hérité des années Clinton) en déficit monstrueux. OK, d’accord. Bush n’est pas un candidat fort sur l’économie ou les problèmes intérieurs. Une minorité d’Américains lui fait d’ailleurs confiance à ce sujet. Mais souvenez-vous d’une chose : ce sont eux qui ont été attaqués le 11 septembre 2001 et pas nous. Les Américains ont très peur du terrorisme dans leur pays depuis, et beaucoup d’entre eux croient que tout peut constituer une cible potentielle. Et, croyez-moi, les médicaments des personnes âgées ou l’usine d’à côté qui vient juste de fermer peuvent sembler bien futiles à côté de la peur qu’une bombe explose dans le Wal-Mart situé deux rues plus loin…
De plus, il y a d’autres raisons qui expliquent le résultat de cette élection. Bien que moins importantes, elles ont tout de même grandement joué :
Tout d’abord, il faut avouer qu’au début, la campagne de John Kerry était lamentable. Premièrement, celui-ci a changé ses positions maintes fois à propos de plusieurs enjeux de la campagne et cela a miné sa crédibilité, ce que le Parti Républicain n’a jamais manqué de rappeler à la population. De plus, Kerry a commencé sa campagne électorale en collant une étiquette pacifiste à l’ensemble du Parti démocrate dans le but d’aller chercher les supporters déçus de Howard Dean. Du suicide électoral dans les États-Unis de l’après 11 septembre. Comme le disait si bien Christian Rioux dans Le Devoir du 4 novembre dernier, « Les démocrates auront quatre ans pour répondre à la question qui leur aura coûté la victoire : pourquoi et depuis quand la gauche devrait-elle être pacifiste? » Autre raison, l’image politique et le charisme des candidats. Le président Bush est un homme simple, issu du peuple. Par son langage, par son attitude « laid-back », par son comportement « friendly », par son passé humble et par ses manières, il charme les Américains. Bush est le genre d’homme qu’on invite à la maison pour une soirée football à jaser de tout et de rien. Il a une excellente mémoire et se souvient des gens qu’il rencontre. Ça, c’est son atout principal. Certaines personnes votent pour lui parce qu’elles trouvent admirable qu’un homme qui leur ressemble puisse être président du pays, et ça leur donne l’impression qu’eux aussi pourraient l’être, ce qui est réconfortant. En politique, l’image et le charisme ne doivent jamais être sous-estimés. À ce propos, voici ce que M. Braswell, de Myakka City en Floride me confiait récemment à propos de son appui à Bush : « Je supporte Bush parce que je suis d’accord avec la manière dont il a géré la guerre au terrorisme et les autres enjeux qui étaient à l’ordre du jour. J’ai personnellement apprécié mon retour d’impôts, et plusieurs milliers d’emplois ont été créés ici. Il est aussi venu nous prêter main forte quand nous avons subi les dommages reliés aux ouragans. Il a volé au-dessus de ma maison en hélicoptère et nous a même salué de sa main! Il avait aidé toute la journée à distribuer l’aide aux sinistrés, dans la chaleur étouffante et les moustiques. Voici quelques raisons de mon support au président Bush. » Ce commentaire permet vraiment de prendre le pouls de l’Amérique de monsieur et madame tout-le-monde.
L’image et le charisme sont justement la faiblesse principale de John Kerry. Autant Bush peut sembler près du peuple, autant Kerry peut sembler aristocratique et mondain. Le fait qu’il soit originaire de Boston ne l’aide pas du tout. Il n’a pas du tout la même attitude que Bush. John Kerry est un homme d’une grande intelligence, mais cela lui nuit car il parle en utilisant des phrases et des mots trop sophistiqués pour le commun des mortels. Je sais, ça devrait être le contraire, mais, vous savez, ici aussi au Québec on a tendance à être un peu anti-intellectuels. Il n’y a qu’en France que le fait de faire des discours interminables puisse vous garantir l’élection. Les Américains sont plus pragmatiques et efficaces que cela. Ils doivent saisir très vite le message politique du candidat, sinon celui-ci sera boudé par la population. Kerry s’est bien repris à la fin de la campagne, mais ce fut trop peu trop tard. Enfin, il y a l’appel mobilisateur des troupes chrétiennes conservatrices aux urnes le 2 novembre qui explique bien aussi la victoire de Bush dans des États clés. De quel appel s’agit-il? L’administration Bush s’est arrangée pour faire passer un référendum sur un amendement constitutionnel bannissant les mariages gais sur le bulletin de vote des 11 « swing states », s’assurant dès lors une participation accrue de ces troupes par leur mobilisation à voter contre. Ce faisant, au passage, ces chrétiens conservateurs défenseurs de la « sanctity of marriage » ne manqueraient pas de voter Bush. Cette stratégie semble avoir fonctionné, car au moins 2 des 11 « swing states » (j’ignore le nombre exact) qui avaient voté démocrate en 2000 ont voté républicain cette année.
«Hang in there, America!»
Cette expression, qui signifie « Tiens bon, Amérique! » témoigne du message que je veux porter aux 48% d’Américains qui n’ont pas voté Bush ainsi qu’au monde entier.
Malgré tout ce que nous savons à propos de Bush, de son passé, de ce que nous croyons qu’il va faire, bref de ses agissements et de sa personne, je crois que nous devrions nous poser les questions suivantes :
1. Est-ce vraiment si pire que ça si Bush a été réélu?
2. Est-ce que la fin du monde va vraiment se produire?
3. Est-ce la fin des États-Unis, ou Le déclin de l’ « empire » américain, pour paraphraser le titre d’un film de Denys Arcand?
Je ne crois pas que la réponse à aucune de ces questions puisse être « oui ». Ah! J’entends déjà vos véhémentes protestations! Lisez tout de même ce qui suit :
Après avoir analysé les « pour » et les « contre » ces deux derniers jours, je me dis qu’il y a deux possibilités :
La première, celle que nous voyions le George W. Bush que nous connaissons déjà. Le cowboy, celui que nous détestons. Celui qui a envahi l’Irak, celui qui cite la Bible dans ses discours et agit comme s’il était éclairé de son dieu, celui qui tourne le dos à la « vieille Europe » et qui agit unilatéralement, celui pour qui « vous êtes avec nous ou contre nous », le manichéen, celui qui a profondément divisé les États-Unis et tourné le monde contre lui, bref, vous le connaissez déjà… et que, fort de son deuxième mandat, il n’hésite pas à se radicaliser davantage, instaurant peut-être une conscription pour envahir l’Iran, n’ayant plus à craindre de se faire réélire puisque le maximum de mandats permis pour un président américain est de deux…
La deuxième, que nous voyons un George W. Bush transformé, plus pondéré, qui tende une branche d’olivier aux anciens alliés des États-Unis pour reconstruire l’Irak ensemble, travailler à l’avènement d’un État palestinien; qui unirait le peuple américain, appellerait à la collaboration des autres nations pour éradiquer le terrorisme, continuerait ses pourparlers pacifiques avec un groupe de six pays pour convaincre la Corée du Nord de renoncer à l’arme nucléaire, bref, que nous voyions un George W. Bush plus pragmatique et ouvert au multilatéralisme. Fort de son deuxième mandat, il n’aurait plus besoin d’essayer de plaire à sa base électorale conservatrice pour se faire réélire une troisième fois, plus besoin de jouer sur la peur du terrorisme aux États-Unis et pourrait très bien former une alliance, voire un pacte avec les démocrates afin de recoller les morceaux du pays. D’ailleurs, certains remaniements de son cabinet semblent laisser présager cette possibilité…
Cependant, peu importe le scénario qui se produira, même si Bush privatise la « social security », le système de santé, sabre dans les programmes sociaux, coupe les subventions de la sécurité publique, donne des « tax cuts » aux milliardaires et permet le forage pétrolier en Alaska, ça ne changera rien. Oui, d’accord, des millions de retraités perdront leur revenus, des millions d’Américains perdront leur emploi et leur assurance santé et les milliardaires paieront moins d’impôt. C’est vrai, je l’avoue.
Mais est-ce que tout ça est permanent? Absolument pas. Rien de tout ce que Bush pourrait faire aux États-Unis n’est irréversible. Toutes ses législations, toutes ses actions pourront être renversées dans un autre mandat présidentiel. Rien n’est coulé dans le béton. Nos voisins sont forts et ont eu leur part de temps durs dans le passé, mais ils se sont toujours relevés. Regardez ce qui s’est passé le 11 septembre 2001… Oui, c’est vrai, il y en a qui vont payer le prix de tout ça. Mais est-ce qu’on a vraiment le choix de l’accepter ou non? La présidence américaine est élue par le peuple américain. Personne d’autre. Ce n’est pas la première élection américaine où l’on prédit presque la fin du monde si tel ou tel candidat est élu. À ma connaissance, cette fin du monde ne s’est jamais produite dans le passé. OK, vous n’aimez pas Bush, moi non plus, mais il faut vivre avec et c’est comme ça. Il n’y a pas de raison de se fâcher. Essayons de voir les choses avec philosophie… si le peuple américain considère qu’il a fait une erreur, il va la corriger dans le futur. J’ai confiance en lui. Et à moins que tous les démocrates déçus émigrent au Canada (comme certains projettent de faire), l’élection de 2008 sera la bonne. Quatre ans, ce n’est pas si long après tout…
HANG IN THERE, AMERICA!
