CPE: En avons-nous les moyens?
Sérieusement, je crois que la question devrait être posée. Est-ce que nous avons vraiment les moyens comme société de nous payer des Centres de la Petite Enfance? Vous rappelez-vous, dans le bon vieux temps, on envoyait nos enfants dans des garderies ou des services de garde en milieu familial et ça coutait environ 10-20$ par jour, et personne ne s’en plaignait. Les responsables en service de garde (RSG) alors non-syndiquées pour la plupart vivaient très bien de ça, et les parents semblaient apprécier le service. Je le sais, ma mère a longtemps travaillé comme RSG à la maison lorsque j’étais plus jeune.
Mais le gouvernement étatiste du Parti Québécois s’est mis dans la tête qu’il devrait s’en mêler et créer les CPE, avec possibilité de faire travailler des “éducatrices à la petite enfance”, syndiquées par-dessus le marché, qui n’ont besoin que de 3 ans de Cégep pour gagner environ 40 000$/année (environ 12-18$/heure selon les échelons). Avait-on vraiment besoin de ça? Sans compter l’entretien des CPE, l’achat de jouets, etc… ça coûte extrêmement cher et vous savez tous très bien autant que moi que l’argent ne pousse pas dans les arbres. Et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, ce sont nos impôts encore qui paient tout ça. Soit dit en passant, c’est au Québec que les éducatrices à la petite enfance sont les mieux payées (37 000$/année) tandis que dans le reste du Canada, la moyenne est d’environ 22 000$/année. Pourquoi 15 000$ de plus par année pour faire grosso-modo le même travail? Bienvenue au Québec, là où la syndicalisation ultra-forte (front commun CSN-FTQ-CSQ dans le cas des CPE) nous coûte tellement plus cher! (Au Québec, 25 à 35% des CPE sont syndiqués, contre 16% pour la moyenne canadienne) Et qu’est-ce que les éducatrices à la petite enfance demandaient il n’y a pas si longtemps? Des augmentations de salaire! Ehhh oui! Plus t’en as, plus t’en veux. Va falloir qu’on se réveille au Québec.
Loin de moi de pourfendre l’idée même des CPE ou l’initiative de celui ou celle qui les a inventé, mais encore une fois, dites-moi, est-ce qu’on en a vraiment besoin?
Vous dites oui? OK, Pourquoi alors on ne pourrait pas en confier une partie au privé tout au moins? Ça coûterait déjà moins cher à la collectivité. Le projet de loi 124 étudié présentement par l’Assemblée Nationale vise d’ailleurs à travailler sur une réforme dans le sens d’améliorer le service et son efficacité budgétaire. Mais non, dès qu’on propose la moindre petite réforme le moindrement libérale, grosse levée de boucliers, manifestations et grèves à n’en plus finir. Comment voulez-vous qu’on avance, cibole! On dirait que le Québec souffre de la manifestite aigüe. On dirait que les Québécois aiment ça crier dans la rue avec des pancartes. J’ai l’impression qu’on fait juste ça depuis quelque temps!
Vous dites non, pas besoin des CPE? Je suis d’accord avec vous. J’aimerais bien, n’en déplaise à tous ceux qui se font les défenseurs chevronnés de nos chers CPE et qui arborent fièrement la très “in” vignette “Nos CPE, On y tient!” dans la lunette arrière de leur voiture, qu’on revienne au bon vieux temps où le gouvernement ne se mêlait pas de ces choses-là. Personne n’avait selon moi VRAIMENT besoin des CPE, à part les grandes centrales syndicales du Québec qui y voyaient un excellent moyen de gonfler le nombre de leurs membres, et de récolter plusieurs cotisations supplémentaires. Que voulez-vous, nos syndicats sont aussi voraces et capitalistes que nos grandes entreprises!
En terminant, je vous laisse sur un texte de Christian Cantin, un lecteur du blogue du Québécois Libre (voir les liens en marge de cette page):
— Début du texte —
Avant 1997, les gens qui faisaient le choix d’être parents étaient capables de s’organiser pour se trouver des places de garderie. Ils pouvaient choisir entre plusieurs dames de leur quartier (souvent sur la même rue) offrant des services de gardiennage, et même l’offre des garderies privées était en expansion. Bref, l’offre et la demande s’équilibraient, avec des prix de libre marché qui se situaient dans les 20$ à 25$ dollars par jour. Les parents avaient une relation directe de clients à fournisseurs de service, qui était généralement très cordiale. Personne n’avait entendu parler de pénurie, ou même de grève, et de pseudo équité salariale.
Puis est arrivée le moment où le PQ et Pauline Marois sont intervenus afin que les moutons étatistes prennent le contrôle du domaine de la garde d’enfants. Selon le ministère de la Dénatalité – euh, de la Famille -, il en coûte maintenant plus de 39$ par jours pour un enfant de plus de 18 mois, et plus de 49$ pour les moins de 18 mois.
Avez-vous déjà réfléchi à qui profitent les CPE? Sûrement pas aux parents responsables qui choisissent de rester à la maison pour éduquer leurs enfants et faire leur job de parents. Ma réflexion m’amène toujours à la centrale syndicale CSN, comme étant l’instance qui profite le plus de ce système. La CSN a récolté plusieurs accréditations syndicales comme par magie et, à chaque semaine, la cotisation syndicale (la dîme!) de toutes ces éducatrices. L’autre gang qui en profite, ce sont les hauts fonctionnaires qui s’affairent à compliquer le système le plus possible.
Nulle part dans tout ça, les parents n’ont fait de gain. Tout en payant de plus en plus cher, ils ont moins de choix de services et moins de flexibilité dans les horaires. Et les enfants eux, ont-ils gagné quelque chose? Avez-vous déjà eu, vous, 5 frère et soeurs de moins de 18 mois en même temps? Moi non, mais c’est ça le ratio enfants/éducatrice pour les moins de 18 mois dans les CPE. C’est ça que ça veut dire encourager la famille?
Aujourd’hui, nous commençons à voir les méfaits de ce système de garde soviétisé. Les pseudo libéraux tentent de le libéraliser avec une mollesse qui laisse croire qu’ils vont bientôt abandonner la partie. Et avec le peu d’appui que le caucus libéral donne à la pauvre ministre amateure de la Famille, qui va même jusqu’a brailler à l’Assemblée nationale sous la pression des questions de l’opposition, on se doute bien qu’elle finira probablement par plier devant les groupes de pressions. Eux, ils sont drôlement bien organisés!
Christian Cantin
34 ans, Lévis
— Fin du texte —
Sources:
Ministère de la famille, présentation Projet de loi 124
Ministère de la famille, rémunération et avantages sociaux des Éducatrices | Éducateurs à l’enfance
Résumé d’une étude sur la rémunération et les conditions de travail en garderie au Canada
Association Québécoise des CPE
Réinventer la négociation coordonnée/négociation type. Le cas des Centres de la petite enfance

Du nouveau dans le dossier: il semblerait que selon une étude effectuée de 1994 à 2002 impliquant 30 000 sujets au Canada, le C.D. Howe Institute de Toronto dont vous pouvez consulter le E-brief au http://www.cdhowe.org/pdf/ebrief_25_french.pdf, (PDF, Français) les CPE ne sont pas seulement inutiles et extrêmement coûteux pour la société québécoise, ils sont aussi potentiellement dommageables pour le bon développement de nos chers petits chérubins qui y passent le plus clair de leur temps.
Les CPE semblent donc en effet avoir des conséquences perverses et innattendues dans plusieurs champs, comme par exemple l’anxiété et l’agressivité des enfants supérieure à celle observée ailleurs au Canada, où il n’y a pas de programme de garderies socialisé et ultra-subventionné.
Bien sûr, comme il fallait s’y attendre, on a tout de suite pu assister dès la publication des résultats de l’étude dans les grands quotidiens québécois à une véritable levée de boucliers et une campagne de discrédit de l’étude en question, sous prétexte à peine voilé que l’Institut C.D. Howe est un think-tank de droite. Voir l’article de Josée Boileau dans Le Devoir du 3 février 2006 - http://www.ledevoir.com/2006/02/03/101239.html à ce sujet.
*Soupir*
Il ne reste qu’à espérer que les trouvailles de l’Insitut ne seront pas passées sous silence par l’étatisme gouvernemental qui nous mène, et que ses résultats calmeront les ardeurs de ceux qui voulaient étendre au Canada au grand complet le fameux modèle québécois des CPE et garderies à 7$…
Comment by Xavier R. Dubé — February 3, 2006 @ 5:51 pm