Alors comme ça, Wilkins n’est pas “qualifié”! Et Gagliano, lui, l’était-il?
Notez bien qu’une version abrégée de cette publication a paru dans la section “Opinions” du Journal de Québec du 22 décembre 2005 en page 16.
Il semblerait que, depuis la sortie contre Paul Martin de David Wilkins, l’ambassadeur des États-Unis au Canada (voir Martin vs. Wilkins sur ce blogue) certains “penseurs” politiques canadiens commencent, comme par hasard, à douter de ses compétences et de sa capacité à faire son travail.
Il est pour le moins surprenant et surtout terriblement inconséquent d’entendre ça de la part de gens provenant du pays qui a expédié Alfonso Gagliano au Danemark sur un coup de tête pour “le punir de ses agissements”! Je ne crois pas que Monsieur Gagliano ne connaissait quoi que ce soit du Danemark avant qu’on l’y expédie.
Mais, de toute façon, on sait très bien que, pour devenir un bon ambassadeur des États-Unis au Canada, toute critique des politiques ou agissements de ce dernier ou opposition aux idées de ceux qui le gouvernent, aussi mineure soit-elle, mène invariablement et automatiquement à une levée de boucliers et une campagne de salissage du “degré de qualification” ou de la réputation de la personne en question par les plus éminents éléments de la classe politique canadienne!
Comme je l’ai dit dans Martin vs. Wilkins, celui-ci avait tout à fait et complètement raison de se dresser contre le phénomène récurrent du “U.S.-bashing” qui sévit au Canada lors des campagnes électorales. Je le comprends d’en avoir plus qu’assez. Wilkins a tout mon appui en ce sens, car il est plus que vrai que les Libéraux font campagne sur le dos de notre voisin et partenaire commercial numéro 1, et ce, depuis des années. Tellement que c’en est rendu une stratégie électorale de sortir “la carte anti-américaine”! Aimeriez-vous ça, vous, si à chaque élection présidentielle américaine le parti Républicain accusait le parti Démocrate d’être trop pro-canadien et de trop vouloir faire comme les méchants canadiens socialistes qui ont ratifié la fraude que constitue Kyoto et ont un mauvais système de santé socialisé? Pas d’armes à feu? Pas de peine de mort? 50% d’impôts? Les pauvres sont mieux sur l’assistance sociale que sur le marché du travail? Arrrghhh! Comment font-ils pour vivre, ces bizarres de Canadiens? Et les Québécois! Hahahaha! Ils sont comiques en maudit, avec leurs grèves à répétition et leur dernière trouvaille, le Régime Québécois d’Assurance Parentale! Y’a donc bien rien qui marche dans ce pays là! Deux provinces parlent de se séparer du pays! Ça n’arriverait jamais chez nous, ça!
Je pense que vous ririez jaune en maudit. C’est leur cas à eux aussi.
Alors, si vous voulez bien, on va rectifier quelques faits. David H. Wilkins est très qualifié. D’accord, il n’a peut-être jamais été membre du corps diplomatique, mais il a représenté les citoyens de l’état de la Caroline du Sud pendant 25 ans. Il a d’ailleurs été élu 13 fois à la législature de cet État. Il connaît aussi très bien le processus politique. Si ce n’est pas de l’expérience politique, ça, je ne sais pas ce que c’est. De plus, ce n’est pas du tout la première fois que les États-Unis recrutent un ambassadeur hors de la profession. C’est même une tradition chez eux.
Et pensez-vous réellement qu’Alfonso Gagliano était diplomate de profession?
