Bilan libéral = handicap
Il est assez intéressant de voir jusqu’à quel point le désespoir peut changer complètement un individu et un parti.
Depuis que Stephen Harper a lancé la plateforme électorale des Conservateurs pour 2006, Paul Martin et les Libéraux lui tombent dessus à bras raccourcis parce que celui-ci a omis de préciser combien il mettait de côté dans son budget pour régler le déséquilibre fiscal. Loufoque, en effet, surtout quand on comprend qu’il est de bonne guerre dans une campagne électorale épicée de ne pas dévoiler de tels détails… Harper se retrouverait instantanément bombardé de questions et de déclarations par les gouvernements des provinces, et je suis d’avis que ce ne serait pas du tout une bonne chose.
Au moins Harper, lui, a dit très clairement lors du deuxième débat en français qu’il allait régler le déséquilibre fiscal. Paul Martin, lui, ne l’a jamais reconnu, et il a eu bien du culot de faire ce reproche au chef Conservateur. Ah non, c’est vrai, j’ai oublié : Paul Martin a été étrangement et nouvellement converti par Gilles Duceppe et Stephen Harper au phénomène du déséquilibre fiscal lors de ce même débat!
Mais il semble avoir oublié que lui-même et son parti ont fait la sourde oreille pendant des années à son sujet alors que TOUS les partis d’opposition s’entendaient pour le reconnaître.
Pire encore, lorsque le sujet était abordé en sa présence, Paul Martin faisait mine de rien entendre et se hâtait alors de changer de sujet, par son ineffable manière d’éviter sans jamais répondre aux questions posées.
Mais lorsqu’on est dans la même situation que le chef libéral, à la manière du capitaine d’un bateau qui est en train de couler, il est compréhensible que l’on s’accroche avec ténacité aux seules bouées politiques que l’on puisse trouver, que celles-ci soient dénuées de sens ou non. C’est pourquoi on a eu droit à de multiples idées improvisées et saugrenues de la part des Libéraux, par exemple la maladroite promesse d’abolir la clause “nonobstant”, nécessaire au fonctionnement de l’appareil judiciaire constitutionnel canadien, ou encore le nouveau fonds pour les pompiers, les policiers et autres qui sont blessés ou perdent la vie dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce qu’il faut retenir de toutes ces promesses absurdes que personne n’a jamais réclamées, c’est que les Libéraux sont en train de paniquer complètement et que cette panique leur embrouille l’esprit à un point tel qu’ils ne sont même plus capables de trouver des idées qui se tiennent debout ou de faire des annonces qui ont de l’allure. Et plus le désespoir les envahit, plus les Canadiens sentent qu’ils sont désespérés et qu’ils n’ont rien à offrir.
Je me passerai donc de commentaires sur les divagations désespérées et désespérantes de Paul Martin à l’endroit de Stephen Harper, mais j’ajouterai néanmoins que le bilan libéral joue à 200% contre les Libéraux.
Ce qui est différent par rapport à 2004, c’est que la population s’en est rendu compte. Comment croire les promesses d’un parti qui a eu 12 ans pour les réaliser?
