Le malheureux réflexe de l’étatisme
D’abord, puisque cet article concerne cette affaire, observons un moment de silence et de recueillement à la mémoire de Brigitte Serre, assassinée dans la nuit du mercredi 25 janvier 2006 alors qu’elle travaillait dans une station-service Shell de Saint-Léonard, sur l’Île de Montréal. Elle n’avait que 17 ans.
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Tout comme moi, Brigitte Serre travaillait comme caissière dans un dépanneur station-service. Et depuis le tragique évènement, il y a bien eu quelques personnes que j’ai servies durant mes quarts de travail qui m’ont demandé si je me sentais stressé de travailler le soir comme ça. Le dépanneur où je travaille n’est pas ouvert la nuit faute de clientèle importante, et est situé dans un village rural de 2500 habitants alors vous pouvez imaginer que ce n’est pas si stressant que cela, et de plus, c’est une mauvaise connaissance de la commis elle-même, Sébastien Simon et ses complices, qui lui a enlevé la vie. Pour l’instant, je ne connais personne qui pourrait avoir envie de me tuer moi, alors je n’ai pas vraiment de difficulté à dormir la nuit…
Mais vous pouvez imaginer ma surprise lorsque je suis tombé sur la section Forum dans La Presse du 1er février dernier, en page A19. Outre un ou deux commentaires sensés, la grande majorité de ceux qui avaient écrit au quotidien pour exprimer leur opinion sur l’affaire Serre réclamaient des mesures toutes plus farfelues les unes que les autres comme certains par exemple qui réclamaient tous plus ou moins une loi interdisant complètement aux dépanneurs d’ouvrir entre 11 heures du soir et 6 heures du matin, prétextant un “ralentissement bénéfique du rythme de vie effréné des humains”, sans toutefois penser aux conséquences encourues par ceux qui travaillent déjà la nuit qui devraient se trouver d’autres emplois, aux pertes économiques, et plus encore. Ces nostalgiques du “tout-doit-fermer-pour-la-messe-du-dimanche” d’avant la révolution industrielle, du temps de la Grande Noirceur et du paysan roi et maître sur sa terre se justifient en croyant (à tort) qu’il ne sert à rien pour les dépanneurs d’ouvrir durant 24 heures, puisque, selon les commentaires d’un lecteur, “Quel genre de besoin incontournable peut-on bien manifester à 3h30 du matin pour avoir besoin qu’un dépanneur soit ouvert?” Je répondrais à ces gens qu’il y a belle lurette qu’il ne sont pas sortis dans les bars (probablement dans les années 1970 ou 1980 la dernière fois) pour ne pas voir à quel point ça grouille la nuit de nos jours et à quel point les adeptes du nightlife, chauffeurs de taxi, fêtards de toutes sortes, travailleurs de nuit et plus encore sont nombreux à visiter les dépanneurs. Je sais que, à ces heures tardives, la plupart des gens dorment pour se reposer de leur longue journée de travail, alors ils ne peuvent observer le phénomène en question, mais celui-ci est bien réel. Et même à Roberval, le gros village de 10 000 habitants où je vis, il y a un nightlife et il est profitable d’ouvrir la nuit. Alors imaginez à Québec et Montréal!
C’est démontrer toute une incompréhension de la société actuelle que d’oser se demander si c’est vraiment nécessaire d’ouvrir la nuit pour ces commerces? Et pourquoi toujours s’en remettre à l’État comme solution? La plupart du temps, l’État est un problème plus qu’une solution. Pourquoi au Québec faut-il toujours qu’on demande au gouvernement de veiller sur nous? Et ces gens voudraient que l’ÉTAT INTERDISE À CES COMMERCES d’ouvrir quand bon leur semble? Si les dépanneurs sont ouverts 24h c’est que c’est profitable. Vous voulez demander aux exploitants de dépanneurs de faire preuve de bonne volonté et de fermer la nuit, sans passer de loi? Qu’à cela ne tienne, il y en aura toujours un qui flairera la bonne affaire et refusera. Ce sera lui qui ramassera toute la clientèle des autres et lui qui empochera le magot. Mettre des réglementations étatiques là-dedans ne ferait aucun sens. L’ÉTAT N’A PAS À DICTER À UNE ENTREPRISE PRIVÉE SON HORAIRE. Si l’État prend le contrôle sur les entreprises, c’est du COMMUNISME pur et simple. D’autres mesures, par contre, visant d’emblée l’augmentation de la sécurité pour les employés, soit d’engager un autre commis lors des quarts de nuits, ou de meilleurs systèmes de protection, sont très intelligentes et méritent qu’on s’y attarde un peu plus.
Mais est-ce qu’on va empêcher tout un monde qui vit la nuit d’avoir des services au même titre que ceux qui travaillent de jour simplement à cause d’un malheureux et regrettable évènement?
Je ne crois pas que c’est la voie à suivre.

Je viens de terminer la lecture de “Le malheureux réflexe de l’étatisme” et je partage votre position. Il suffit bien souvent d’une tragédie pour voir des groupes monter aux barricades et réclamer haut et fort de toutes nouvelles réglementations qui pénalisent les autres citoyens. Je me permets de faire un lien avec le contrôle des
armes à feu. En 1996 en Angleterre, un délinquant fait irruption dans une école et massacre une dizaine d’étudiants et un professeur. Cet homme était parfaitement connu des autorités. Il avait été refusé dans plusieurs clubs de tir pour comportement agressif, la police lui avait
rendu visite à sept reprises, sans parler de toute une série de plaintes téléphoniques. Il ne fut jamais arrêté!
Au lendemain de la tragédie, le gouvernement britannique a mis en place une campagne de contrôle des armes à feu sans précédent qui transformait des millions de citoyens responsables en criminels. Aujourd’hui, cette
législation a tué toute une culture et une tradition du tir.
Si une personne conduit tard le soir avec sa voiture et ferme les yeux au volant, doit-on interdire la circulation sur la route après 10h? Si une personne en étant d’ébriété tue 5 personnes dans un accident de voiture, faut-il faire payer tous les automobilismes qui eux utilisent leur voiture de façon responsable?
C’est pathétique, inacceptable mais surtout trés révélateur de la mentalité de la population.
Bonne Journée!
Comment by M.B. — February 4, 2006 @ 6:44 pm