Une libertarienne au Pays des Bleuets!
Non, sans rire! La très étatiste et syndicaliste région du Saguenay Lac-Saint-Jean (dont les habitants sont surnommés “Bleuets” à cause de l’abondance et la notoriété de ce délectable petit fruit bleu sur les terres régionales) a un autre adepte des principes libertariens outre moi-même! Jusqu’à aujourd’hui, j’avais vraiment l’impression d’être le seul ici à penser ainsi, mais je me trompais!
Lisez le très excellent essai de Myriam Segal, animatrice à CKRS 590 AM, publié cette semaine dans Le Quotidien (Chicoutimi), intitulé “L’État-maman, adepte de la politique du becquer bobo”. Je n’ai malheureusement pas le texte intégral à vous offrir (il m’a été impossible de le dénicher sur le web) mais je vais vous en recopier quelques extraits.
—
Dans son texte, Segal souligne avec brio le problème majeur de notre infantilisation progressive face à l’État, la disparition de la notion de responsabilisation individuelle et le fait que nous en soyons les principaux responsables. Car toutes les sensibilisations (fussent-elles justifiées ou non) que nos gouvernements nous garrochent à la figure nous coûtent très cher en taxes et impôts de toutes sortes. Et nous y sommes malheureusement si habitués que nous en sommes même au point où nous allons nous-mêmes les réclamer de vive voix! Voyez plutôt:
” […] Les automobilistes sont sans doute aussi un peu déconnectés de la réalité, puisqu’il faut une campagne publicitaire d’un million de dollars pour les informer que c’est l’hiver. Selon le sondage du Ministère des Transports, qui vérifie l’efficacité de sa campagne hivernale, les automobilistes réclament encore plus de ces pubs…
C’est là que le bât blesse. La démocratie ne nous permet pas d’être mieux gouvernés que nous ne le méritons. Si nous ne voulons pas être infantilisés, cessons de demander à l’État de nous materner.”
Franchement, je n’aurais pas pu dire mieux. Segal a visé dans le mille. Tout cela est uniquement notre faute. On n’arrête pas de demander des régulations, des sensibilisations, et des réclamations au gouvernement dès que ça tourne le moindrement mal. Avez vous déjà écouté des émissions avec tribunes téléphoniques après qu’un évènement grave se produit au Québec? Un nombre incalculable de gens appellent et mettent ça sur la faute de nos chers gouvernements: “Mais qu’est-ce que le gouvernement faisait quand c’est arrivé?” “Il devrait y avoir plus de sensibilisation”, ou encore “le gouvernement devrait voir à ce que tout le monde soit dédommagé”. Le gouvernement devrait faire ci, le gouvernement devrait faire ça. Encore et toujours le gouvernement, le gouvernement et le gouvernement. Jamais personne ne se donne le peine d’appeler pour dire des choses du genre: “Les gens devraient être libres de leurs propres choix, et en assumer les conséquences”, ou encore “Le gouvernement n’a rien à voir là-dedans, il appartient aux personnes impliquées de se prendre en main”.
Eh bien savez vous quoi dans ce cas? On a ce qu’on mérite. Les plus hauts impôts et taxes en Amérique du Nord. Et on n’est pas loin dans le peloton sur la scène internationale. Parce que pour nous materner de la sorte, faire des lois restrictives de liberté, nous manipuler et nous dire quoi penser et quoi faire pour notre propre bien, ça prend un budget faramineux!
Comme l’explique Segal dans son essai,
“Trop souvent, un accident ou un problème est transformé en une vaste oeuvre de culpabilisation collective, où le gouvernement est appelé à “becquer bobo”.
Ainsi, le drame de Polytechnique est le geste d’un cinglé. Des lobbys l’ont récupéré pour pousser les partis fédéraux à créer cet absurde et ruineux registre des armes à feu, qui ne règle aucun problème, mais rassure les chapelles féministes et pacifistes. Il fallait faire quelque chose, n’importe quoi, et, visiblement, n’importe comment.
Au moindre accident de vélo, les bonnes âmes se lanceront dans une croisade: le gouvernement devrait forcer le port du casque, parce que, bien sûr, les cyclistes ne sont pas aptes à décider pour eux-mêmes.
Lorsqu’une scène salace passe à la télé, des gens outrés appellent au secours les censeurs fonctionnarisés. Les boutons de la télécommande sont-ils décoratifs? Ne nous permettent-ils pas de censurer nous-mêmes ce que nous voyons?”
Que dire de plus? C’est exactement pour ces raisons stupides et futiles qu’on doit se taper le fameux registre des armes à feu, les coûteuses campagnes de “sensibilisation” au port du casque (payées à même nos impôts) et le très, très dépassé, retardé, restrictif et inutile CRTC.
Dans des pays où l’État intervient beaucoup moins dans la vie des gens, comme aux États-Unis, où, généralement, les libertés individuelles ne font pas l’objet de bombardements semblables à ceux que nous connaissons ici, de telles campagnes de sensiblisation sont créées et soutenues par les groupes de pression qui prônent de telles valeurs, et NON par le gouvernement. Avec le bonus, bien sûr, d’un coût fiscal de beaucoup réduit, en taxes et impôts principalement. Ici, le gouvernement se prend pour un groupe de pression, et nous refile la facture.
“Souvent, notre solution à un problème commence par “ils devraient…”. Et si la bonne réaction était “Que puis-je faire, moi?” Si nous grandissions un peu, si nous nous comportions comme des adultes prêts à agir et à assumer nos erreurs comme nos réussites, peut-être aurions-nous une chance que nos gouvernements ne dilapident pas nos taxes en du maternage gnangnan et des programmes infantilisants.”
Je suis on ne peut plus en accord avec Segal. Mais malheureusement, il est extrêmement difficile de faire comprendre aux gens qui réclament de plus en plus d’interventions de l’État pour régler un problème (sans même y penser parfois) qu’ils sont dans l’erreur, et ce, uniquement parce que leurs paroles et gestes sont bien intentionnés. En mettant de côté leurs solutions étatistes, on s’auto-dépeint comme des opposants à la bonne vertu, ce qui rend toute remise en question du rôle de l’État difficile dans un système socialiste et habitué à l’être comme le nôtre.
Mais rappelez-vous bien ce proverbe:
“L’enfer est pavé de bonnes intentions.”
Et le socialisme d’État qui nous étouffe tant au Québec aussi.

Quoi? t’es tu sérieux toé la la?! c’est l’hiver?! C’est pas parce que il fait -30, qu’il y a un mètre de neige dehors, qu’on voit du blizzard a l’extérieur, et ce depuis 3 mois, que c’est l’hiver!
Ça a pas d’allure, j’aurais dû le savoir! Si je l’avais su, j’aurais pas mis mes shorts à matin… Pourquoi, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas mis une pancarte nous avertissant de l’hiver sur la voie de contournement de Saint-Félicien, hein?!
Man, pis si ça continue, le gouvernement me dira même pas que c’est l’été, pis j’vais me noyer dans le lac avec le Ski-Doo… Gang, on fait une pétition! Je veux et j’eXige que le gouvernement envoie des calendriers par la poste à tout le monde au moins une fois par année, et appelle les gens à chaque changement de mois. (À noter qu’une visite d’un technicien en saison tous les mois pourrait bien faire aussi…)
Oh, et le registre des armes a feu , c’est super… c’est juste qu’au Québec , on a que très peu de choses a se méfier ; voici un top 10 des plus grandes menaces au Québec, selon le guide des 10 plus grandes paranoias au Québec:
1-Karla Homolka
2-La grippe aviaire
3-Jeff Fillion
4-Les fédéralistes
5-Oussama Ben Laden
6-Éric Salvail*
7-Les kirpans
8-La musique trop “hard” pour Radio Énergie
9-George W. Bush
10-Les gens qui travaillent le soir tout seuls dans des dépanneurs! (Attention Xavier, t’es en danger!!!!!!!)
C’est pas comme si ici, on faisait tout un plat de rien, voyons donc!
* Éric Salvail est vraiment une menace pour le Québec toutefois. Sans joke!
Comment by PL — March 4, 2006 @ 1:18 am
PL, ton ironie teintée d’humour est une bénédiction pour mon blogue! Et tu as l’imagination très fertile! J’adore te lire, tu es pissant!
Comment by Xavier R. Dubé — March 4, 2006 @ 5:26 pm